Gagner sur le champ de bataille des pensées Librairie chrétienne 7ici

« Nul ne peut servir deux maîtres. 
Car, ou il haïra l'un, et aimera l'autre ; 
Ou il s'attachera à l'un, et méprisera l'autre. ».

Matthieu 6 v.24.

Servir, c’est servir quelque chose, ou… quelqu’un. 
Servir, c’est donc obéir à quelque chose, ou à… quelqu’un.
Obéir, c’est servir. 
 
Je déjeunais un jour avec un ami, homme d’affaire accompli qui, lorsqu’il était jeune avait un appel fort sur sa vie. Nous parlions des conflits conjugaux et familiaux qui touchent toutes les familles sur cette terre, et plus encore, les familles chrétiennes. 
 
Ils se marièrent chrétiens, notamment pour servir Dieu. Mais bien vite, les réalités de la vie, les besoins financiers, les enfants, le besoin de sécurité de l’épouse, les exigences multiples de la vie, eurent raison de cet engagement. Cet ami me dit un point de vue très en vogue actuellement : 

  • « Tu sais Freddy, l’homme doit accepter d’être crucifié pour sa femme comme Christ l’a été pour l’Église ».

J’étais estomaqué… interrogatif face à une telle assertion. Faisant face à ma perplexité, il ajouta : 

  • « La famille est la priorité absolue, si notre appel n’est pas possible, Dieu lèvera quelqu’un d’autre à notre place ». 

Je lui dis que je lui répondrai ultérieurement car la réponse ne me vint pas de suite. J’avais besoin de méditer et de sonder les écritures.
 
En y pensant, je vis dans ces affirmations plusieurs contradictions et problèmes théologiques. Particulièrement, Jésus-Christ n’a pas été crucifié pour son épouse l’Église, mais pour les pécheurs1. Ce sont ceux qui se convertiront qui feront, là-haut, sa Céleste Épouse2. Ensuite, s'agissant des problématiques relevées par ce dialogue, j’ai plutôt tendance à penser que le plus beau sacrifice que puisse faire une personne, un couple, une famille ou la famille de Christ au sens large, serait de, quelles qu’en soient les conséquences, se réjouir d’obéir à leur appel ou à leur vocation -ensemble3- par la foi, car, 
 
L’obéissance donne le sens.
 
Aussi, pour devenir un attelage efficace, on ne se renie pas soi-même, on s’offre soi-même, comme le Christ nous en a donné l’exemple4. Aucune forme d’engagement, ne saurait se faire à condition de la mise à mort -par crucifixion- de l’un, au profit d’un autre. Ce sacrifice, Jésus l’a déjà fait pour nous tous5 et nous nous ne sommes jamais amenés à le reproduire, comme si nous pouvions être Christ à la place de Christ6
 
 Servir serait donc s’offrir. S’offrir par amour certes, mais ne jamais accepter d’être « offert » en sacrifice comme condition de l’amour. Ça c’est l'assujettissement…
 
Mais, en vérité, qui de nous deux peut se targuer d’avoir raison ? Les deux points de vue sont tout autant défendables. Leurs gains seront très différents, leurs pertes afférentes aussi. Autant de résultats induits que chacun aura le loisir d’interpréter comme autant de preuves qu’il avait raison et que l’autre avait tort mais surtout, que c’était la Volonté de Dieu… la preuve ! 
 
Comment faire donc ? Que décider ? Comment obéir alors même que l’on peut trouver dans la même Bible, une justification à presque tout ? 
 
L’immense problème avec l’obéissance à Dieu, c’est que tout est question d’interprétation, puis de conviction propre. 
 
L’obéissance, ou l’exercice de ma liberté de conscience
 
L’obéissance est une affaire d’attachement. Quand je choisis une position, je décide. Si je décide, je me lie. Si je me lie, je me relie7. Toutefois, on ne peut choisir de servir dans deux champs à la fois ni deux fois à la fois. Comme on ne peut choisir deux maîtres, deux écoles de pensées opposées, deux styles de vie contradictoires. Ainsi ne peut-on pas être heureux dans l’obéissance si l’on n’apprend pas à s’attacher. Aimer Dieu, c’est savoir s’attacher à Ses commandements.  
 
L’obéissance est une affaire de séparation. Mais aimer Dieu, c’est aussi savoir se séparer. Non pas de celui ou de celle qu’on a promis d’aimer et de servir, et à qui on s’est uni pour toujours mais c’est au contraire décider renoncer, puis à faire le deuil du reste, des restes, quels que soient leurs atours, leur attrait ou leurs séductions. Ainsi, aimer Dieu, c’est aimer le servir et lui obéir en tout ce qu’il nous appelle à être ou à faire. Aimer Dieu, c’est savoir se détacher des bénéfices de ce à quoi on a renoncé. 
 
L’obéissance est une affaire d’engagement. Comme deux chevaux de labour sont reliés par une lanière de cuir incassable, un joug, chaque position que je prends m’entraîne à labourer et me dédier à un certain champ, selon une trajectoire. Inévitablement, je travaillerai avec celui ou ceux qui souvent, pensent comme moi, ou à qui je choisis de réunir et d’unir ma pensée. 
 
L’obéissance est une affaire de conscience. Puisque nous sommes sincères avec Dieu, nous voudrions obéir à Sa Parole, mais alors nous sommes jetés dans une fosse faite de nos pensées et de nos convictions, de nos valeurs et de notre culture, dans un trou parfois béant où nous attendent pour nous assaillir, les féroces lions de nos doutes et de nos interrogations, des avis des autres et de leurs amours conditionnels. 
 
Là, cette loyauté8 -que nous nous vouons à nous-mêmes ou à Dieu- engage une véritable lutte gréco-romaine avec notre ignorance, nos limitations, nos défauts, nos habitudes, nos peurs ou nos craintes. Là, nos certitudes de ce jour doivent vaincre les incertitudes de nos lendemains. Là s’entrechoquent nos croyances avec les doctrines des autres, celles de Dieu avec celles du diable, le christianisme de telle fédération avec celle de telle autre, les dogmes du monde avec celles de ma foi, les supplications de mon conjoint, de mes enfants avec ma responsabilité, les valeurs de mon patron ou de mon gouvernement avec les celles de ma conscience…

 

Si obéir peut souvent nous faire « perdre » et « risquer » beaucoup sur cette terre, obéir nous fait surtout « gagner » et nous « assure » la Vie Éternelle. En outre, c’est là, la quête la plus importante de toute une vie car, « L’Éternité, c’est très long quand on est mal placé9 » ! 
 
A la quête de mon bonheur terrestre et de ma félicité céleste, l’obéissance, c’est ma chance ! 


Prière : « Seigneur, apprends-moi à croire que l’obéissance, c’est la démonstration de mon attachement à mon cher Époux Céleste, que l’obéissance, c’est l’exercice de ma loyauté à Ta Parole, que l’obéissance, c’est mon examen de conscience de chaque jour et que l’obéissance, c’est la preuve de mon Amour pour Toi. Mais tu sais mes limitations et mes doutes et qu’en la matière je ne puis y parvenir sans toi, sans ton immense Grâce. Mon cher Seigneur, guide-moi je te prie, et que je sois fier d’être chrétien ! Amen. »
 
Références : 
1 Timothée 1 v.15 : « C'est une parole certaine et entièrement digne d'être reçue, que Jésus Christ est venu dans le monde poursauver les pécheurs, dont je suis le premier ».
Apocalypse 19 v.7-8 : « Réjouissons-nous et soyons dans l'allégresse, et donnons-lui gloire ; car les noces de l'agneau sont venues, et son épouse s'est préparée, et il lui a été donné de se revêtir d'un fin lin, éclatant, pur. Car le fin lin, ce sont les œuvres justes des saints ».
Josué 24 v.15 : « Et si vous ne trouvez pas bon de servir l'Éternel, choisissez aujourd'hui qui vous voulez servir, ou les dieux que servaient vos pères au-delà du fleuve, ou les dieux des Amoréens dans le pays desquels vous habitez. Moi et ma maison, nous servirons l'Éternel ».
Note de l’auteur : Le salut est donc une proposition offerte gratuitement à ce même pécheur qui a toute la liberté de le refuser. Le pardon des péchés n’est pas imposé. Il est reçu en respect au libre arbitre de ce dernier s’il en accepte sa proposition, en suit les conditions, comme celles que l’on trouverait dans un contrat de mariage, un contrat qui est toujours bipartite et qui comporte des clauses que chacun des époux doit s’engager à tenir, à moins de le rendre caduque. Devenir l’Église, la future Épouse que Christ prépare pour les noces célestes en réponse au don de Sa vie, n’est donc possible qu’à la condition d’une conversion véritable doublée d’une confession de foi publique, singulièrement lors de la cérémonie du baptême qui ressemble à s’y méprendre à une cérémonie de mariage spirituel. C’est ce que Dieu aime appeler : l’alliance. (En lisant le livre de Jérémie, on se rend compte de combien Dieu tient à cette alliance et de ce qu’elle signifie à Ses yeux).  
5 Esaïe 53 v.12 : « C'est pourquoi je lui donnerai sa part avec les grands ; Il partagera le butin avec les puissants, Parce qu'il s'estlivré lui-même à la mort, Et qu'il a été mis au nombre des malfaiteurs, Parce qu'il a porté les péchés de beaucoup d'hommes, Et qu'il a intercédé pour les coupables ».
Tite 2 v.13-14 : « En attendant la bienheureuse espérance, et la manifestation de la gloire du grand Dieu et de notre Sauveur Jésus Christ, qui s'est donné lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité, et de se faire un peuple qui lui appartienne, purifié par lui et zélé pour les bonnes œuvres ».
7 Note de l’auteur : Aimer c’est s’attacher. On ne peut aimer, se marier, s’engager dans une cause ou un travail, être fidèle ou être heureux si l’on n’apprend pas à s’attacher. Or, s’attacher à quelqu’un, quelque chose, à un style de vie, c’est embrasser ; embrasser une trajectoire malgré les tempêtes, embrasser une foi malgré les doutes, embrasser un conjoint malgré les différends, embrasser une foi malgré les oppositions. 
1 Samuel 15 v.22: « L'Éternel trouve-t-il du plaisir dans les holocaustes et les sacrifices, comme dans l'obéissance à la voix de l'Éternel ? Voici, l'obéissance vaut mieux que les sacrifices, et l'observation de sa parole vaut mieux que la graisse des béliers ».
Pierre Truschel : « L’Éternité, c’est très long quand on est mal placé ».
Tag(s) : #la vie chretienne
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